
Le Yelmine, au nord et à l’est, est la région la plus riche et la plus dense en population. Il subit une influence maritime expliquant son climat tropical. À la saison des larmes de Tmia, une forte mousson vient arroser la région. Il est exceptionnel que les pluies franchissent la chaîne de montagne qui sépare le Yelmine du Souhour. Cela n’est arrivé que trois fois depuis le Commencement.
C’est au pied de cette chaîne, les Xandar, que s’étend la plus grande forêt tropicale du monde connu. Sur la côte, à l’endroit même de ce qui tient lieu de pointe intérieure du cœur, se situe la ville d’Azalin, une des plus belles villes du monde et le cœur économique du Badapan.
C’est dans cette ville que siège le Grand Conseil des huit Prince–Marchands avec son marché et ses docks par où transitent caravanes du Badapan et vaisseaux marchands. C’est aussi là que l’on trouve l’école du Bene Sojhora, avec ses bibliothèques interdites, dirigée par la Mère des Croyants Selendria, invisible directrice de toutes les Révérendes Mères et Matria du pays. Et bien sûr tout en haut de la ville, au–delà des jardins du Dragon, se dresse le palais du Sultan Shäar Sil Sheran au pied d’un immense phare.

Le Souhour au centre de l’île est appelé le marteau de Whajad car le soleil y tape comme nulle part ailleurs au point que l’Eau est, en volume, plus chère que l’or. C’est un vaste désert de sable et d’amas rocheux qui vient lécher les Xandar au nord et s’étend au sud jusqu’au désert des cendres. L’Eau y est introuvable sauf en quelques rares oasis où, étrangement froide et saumâtre, elle vient sourdre depuis des profondeurs dont l’histoire orale dit qu’il est préférable d’en taire le nom de peur d’enténébrer la lumière du jour.
C’est autour du plus grand de ces oasis, le puits sans fin, que s’est construit la Ville Sainte d’Aïrhan, capitale du Badapan. Là, siège la Voix des Sages dans la ville haute avec son université religieuse. On y trouve une des résidences du Sultan occupées régulièrement lorsqu’accompagné du Vizir et des Prince–Marchands, il vient discuter et ratifier toutes les lois et décrets avec la Voix des Sages. C’est à Aïrhan qu’est centralisée la lourde administration du Sultanat. Le maire d’Aïrhan, le khadi, est certainement le plus technocrates des administrateurs du Sultanat, après le Vizir bien sûr. Il a entre autres la tâche de gérer et de veiller sur le trésor du Sultanat. Enfin, c’est à Aïrhan qu’est gardé l’Oracle, jalousement surveillé par ses gardiens.

La mer des Possibilités vient s’inclure entre le Yelmine et le Souhour. Qu’en dire si ce n’est qu’il s’agit d’une des régions les plus étranges du Badapan. Il est dit que la seconde fois où Tmia pleura, ses larmes créèrent une immense étendue d’Eau non loin de ce que sera plus tard la ville d’Aïrhan. Ce jour un homme était là pour recevoir cette Eau bénite, Tletha le Prophète. Certains, après y être allés, ont dit n’y avoir vu que du sable. Ces Ismer sont retournés auprès de Whajad expier leur hérésie car il est dit :


Les autres régions du Badapan sont assez méconnues des sédentaires d’Aïrhan et des non–érudits. En quelques mots les voici : le Fizulane, à l’ouest, dont la ville la plus grande est Budan ; le Tarsh, à l’est et qui descend au sud jusqu’à la pointe du cœur que forme l’île ; la marche des sables, une petite enclave située en bordure de la mer du sud ; le désert des cendres, au sud–est qui sépare la marche des sables de Tarsh, une région où seul le fou se risquerait ; et enfin les Corallines, un archipel d’une centaine de petites îles volcaniques et coralliennes s’étendant au large tout le long de la côte ouest.

Une vaste terre s’étend au nord–ouest, au‑delà de la mer des Corsaires, appelée le Jenan. Cette terre, en grande partie sauvage et difficile d’accès, n’appartient pas au Sultanat. Elle comporte de nombreux royaumes de type féodal avec lesquels le Badapan a noué depuis peu des relations commerciales. Ses habitants, appelés Jenech, sont des Ismer. Ils ont le teint pâle ainsi que les cheveux. Quelques uns vivent sur le territoire du Sultanat, surtout dans le Yelmine où les pirates les vendent fréquemment comme esclaves. Ils sont tolérés, pour peu qu’ils aient accepté de se convertir à la foi en Whajad.
